
J’ai la chance d’assister à Maastricht, en Hollande, à la 6è édition de cette conférence ultra spécialisée sur les méthodes et techniques en recherche comportementale.
Du fait de son focus méthodologique plutôt que thématique, c’est une conférence réellement interdisciplinaire dans le vrai sens du terme, où l’on croise donc aussi bien des éthologues qui mesurent le comportement des rats par exemple, que des gens d’utilisabilité! Et attention, je ne compare certainement pas pour autant nos usagers à des rats de laboratoire ici!
Disons que cela fait un peu bizarre a priori mais pour observer le comportement d’êtres humains autant que d’animaux, l’instrumentation qui permet de recueillir le data est presque la même dans tous les cas, et l’importance capitale d’un design expérimental rigoureux est un souci clairement partagé!
Pour mon premier jour de conférence aujourd’hui, j’ai assisté à deux tutoriels vraiment intéressants, portant respectivement sur l’oculométrie et sur la mesure thermographique. Je partage avec vous rapidement (car il est tard déjà en Hollande!) quelques points qui m’ont semblé constituer une mention d’intérêt sur ces types de “human behavior recordings”, par rapport à tout ce que l’on peut déjà lire et de base, qui se trouve un peu partout et notamment sur le Web.
Using eyetracking for measuring and analyzing human behavior
Cet excellent tutoriel donné par le responsable de la formation chez Tobii s’adressait à tous mais surtout à ceux qui n’ont jamais utilisé l’oculométrie et qui se demande ce que cela peut leur apporter. Ceci-dit, Tommy Strandvall nous a présentés différentes études couvrant des domaines d’application très variés tels que cognitive psychology, developmental psychology, et notamment une étude avec des bébés de 5 et 7 mois ne pouvant ni écrire ni parler mais suivre des yeux(i.e.; infant research), Experimental psychology avec un test de change blindness où les usagers devaient identifier un changement dans l’image clignottante…avec difficulté!, et bien entendu, il a présenté aussi des exemples d’études dans des domaines que nous connaissons bien comme media psychology, et HCI and Usability research.

En plus des mesures classiques de la durée des fixations et des saccades, le présentateur a pointé la mesure “time to first fixation” sur une zone d’intérêt. On peut ainsi comparer quel menu est vu en premier par exemple (haut, gauche, etc.). En conception, c’est notamment très utile pour comparer deux positionnements de bouton ou autre fonctionnalité par exemple.
En combinant cette mesure avec du “retrospect think-aloud protocol”, il est facile de savoir ce qui se voit tout de suite ou pas et de comprendre pourquoi. En effet, le protocole verbal classique permet de savoir ce que l’usager pense à voix haute de façon concourante à la tâche, ce qui lui permet d’exprimer parfois sa frustration par rapport à une incompréhension mais sans nécessairement pouvoir penser et verbaliser en même temps ce qu’il pense être la source de sa difficulté.
Lorsque l’on sait déjà qu’un objet n’est pas vu dans l’écran par l’oculométrie et que l’on demande ensuite pourquoi en repassant l’enregistrement, il est plus facile d’obtenir une explication de ce que l’usager pense avoir été à l’origine du problème (ex. “c’est parce que c’est trop petit”, ou “trop proche de l’autre objet”, ou “pas à l’endroit où c’est d’habitude”, ou “je ne reconnais pas l’icone”, etc.).
The theory behind and application of thermographic recordings
Voici quelques photos:
Changement de température de la main

Sweat dots on thumb from stress
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Pour ceux que cela intéresse, voici le résumé de l’étude exploratoire que nous avons présentée à cette conférence:
by S. Prom Tep, A. Dufresne, J. Saulnier, and M. Archambault.
