Archive for October, 2008

15 / 10 / 2008La double contrainte ergonomique

…ou comment l’ergonomie cognitive soutient toujours au moins deux buts!

Je lisais ce matin, l’article du JDN du 14 octobre intitulé: “Ergonomie : Comment les opérateurs télécoms ont pensé la page d’accueil de leur site“, de Emilie Leveque et Laure Sauvage, et qui a suscité cette réflexion que je vous partage.

Commençons par la description classique de l’article.

Comme le fait régulièrement le JDN et malgré son titre, l’article compare très superficiellement l’ergonomie des pages d’accueils des fournisseurs d’accès internet français. Longueur impliquant “scroll” et densité de la page, agencement et aération des contenus et structure des menus sont les principaux éléments mentionnés dans un ou deux brefs paragraphes d’analyse ergonomique. Ce paragraphe fait toujours suite à une mise en contexte du FAI, avec son historique récente.

La partie qui a retenu mon intérêt cette fois par contre est plutôt l’introduction.

En effet, on y présente très clairement ce que j’appelle la double contrainte ergonomique, ou le fait que l’ergonomie d’un site Web doive nécessairement soutenir deux objectifs. Je m’explique.

Nous savons tous que l’ergonomie cognitive a pour objectif de soutenir l’usager dans sa tâche et cette déclaration de principe générique implique aussitôt de définir 1)de quel usager on parle et 2)de quelle tâche on parle.

C’est donc ce que font les auteurs d’emblée en précisant que les pages d’accueil comparées peuvent se regrouper en deux catégories: celles qui sont orientés prospects et celles qui sont orientés “client” au sens acquis et plus large.

Elles expliquent dans la foulée que l’ergonomie de ces pages repose de ce fait sur une répartition délibérément non-équilibrée entre les offres et les contenus, selon l’objectif stratégique. Donc on soutient tantôt plus la tâche d’adhésion et tantôt plus la tâche de rétention dans le cas des FAI en question.

C’est à ce moment que je me suis passée la réflexion que je vous partage aujourd’hui…tout le monde sait qu’il n’y a pas d’ergonomie dans l’absolu, l’ergonomie est un savant “trade-in trade-off” d’éléments informatifs et applicatifs en fonction d’un objectif visé, habituellement nommée la “tâche” de l’usager.

Dans cet article du JDN, sans le mentionner explicitement, on souligne clairement que l’objectif est nécessairement double: qu’il ne s’agit pas seulement de bien anticiper et soutenir la tâche de l’usager sur ces sites, mais bien également de la définir pour eux en réponse à un objectif stratégique, qui vient soutenir la tâche commerciale.

Une ergonomie réussie en est une qui répond nécessairement la double contrainte de soutenir la tâche de l’usager telle que définie à l’intérieur d’un objectif d’affaire.

On peut se dire que c’est un point bien évident mais si la déclaration semble évidente, la question qui doit plus se poser selon moi se situe au niveau des mesures de performance ergonomique, quel est leur enlignement avec cette réalité?

Quels éléments de l’évaluation ergonomique reflète cette double contrainte? Comment et en quoi on pourrait identifier que la dimension ergonomique d’un site souffre d’un objectif stratégique mal défini? La performance d’un site Web vis-à-vis d’un objectif d’affaires relèvent d’autres séries de métriques, complètement séparées.

Ainsi, la conséquence du point qui semblait évident a priori est que les deux types de métriques -ergonomique et d’affaires- doivent mieux se parler, voire s’intégrer.

Ça c’est bien moins évident à l’heure où on se parle…

6 / 10 / 2008Canada Online! 2007

CIPONLINE! Home to Canada’s most comprehensive, ongoing study of the Internet, traditional media and emerging technologies.

“The Canadian Internet Project (CIP) is a longitudinal study of trends in the use of the Internet, traditional media and emerging technologies by Canadians, as well as their attitudes towards media and online activities. CIP examines patterns of use across all media and technologies, with particular focus on the confluence of delivery platforms. Every three years, CIP conducts a representative national survey of Internet users and non-users to explore the ways our world is changing by use of media and technology, with emphasis on the economic, cultural and social implications of these transformations.

CIP is a partner in the World Internet Project (WIP) — an academic consortium of research centres in more than two dozen countries around the world. All WIP members ask a subset of approximately 30 common questions in their national surveys, from which more than 85 variables and indices have been created for international comparisons. Every year WIP convenes an international conference and symposium bringing together leading experts from this discipline, and publishes an annual international report comparing data from member countries.”

Pour télécharger le rapport (versions fr. et angl.), sans oublier de prendre connaissance des droits de citations si vous voulez y faire référence.

Un beau complément de statistiques d’usages bien “fraîches” à l’Indice du commerce électronique au Québec que vient de faire paraître le CEFRIO, en partenariat avec VDL2 et SOM.

De quoi bien mettre à jour nos acétates de cours et de présentations! :-)

3 / 10 / 2008Sociale expérience des interfaces web

Le 16 septembre dernier à la Cantine (Paris) s’est tenu le lancement du livre de Nicole Pignier et Benoît Drouillat:

Webdesign: Sociale expérience des interfaces web“.

Cet événement était organisé par le Pôle Excellence e-Design avec La Cantine, la FING et les Designers Interactifs.

Je vous laisse en lire l’excellente présentation qu’en a fait le site d’éducation à distance Thot, dont voici un extrait:

Plus qu’un simple lieu d’affichage de l’information, plus qu’un simple mode d’accès à l’information, l’interface graphique des sites Web ne serait-elle pas l’espace scénique où se construit une relation imaginaire et culturelle entre l’annonceur et l’usager?

Les interfaces web par les spécificités de leurs métaphores, par les modes d’organisation de l’information et les parcours de travail qu’elles proposent, invitent les usagers à vivre une réelle expérience socio-culturelle dont les conditions et les enjeux sont dévoilés dans le tout nouvel ouvrage coécrit par Nicole Pignier (Chercheur au Centre de Recherches Sémiotiques de l’Université de Limoges, responsable de la Licence Professionnelle en Webdesign sensoriel et stratégies de communication en ligne) et Benoit Drouillat (Président de l’association des Designers Interactifs).”

D’autres mentions du livre dans des blogs: Interface/Interaction

Est-ce que quelqu’un a ce livre entre les mains? l’a déjà lu? Je suis intéressée à avoir des avis, témoignages de lecteurs avisés :-)

Ces deux auteurs ont également écrit: “Penser le webdesign. Modèles sémiotiques pour les projets multimédias“, aux éditions de L’Harmattan, Paris, 2004.

Voir aussi cet autre ouvrage de Nicole Pignier sur le sujet: ENJEUX THEORIQUES D’UNE GRAMMAIRE DES DISCOURS MULTIMEDIAS : POUR UNE SEMIOTIQUE OUVERTE, sachant qu’elle est par ailleurs responsable de la Formation en Webdesign s’offrant à l’Université de Limoges.

Je remercie mon ami Jean-François Pitet de m’avoir pointé cet ouvrage :-)