Archive for the 'academia' Category

19 / 05 / 2013Outil d’évaluation neurocognitive des Interactions Humain-Machine

Vous venez de lire le titre de la thèse de François Courtemanche, responsable du Tech3lab de HEC Montréal.

Cette thèse a été dirigée par Aude Dufresne et Esma Aimeur, et défendue avec succès et mention d’excellence du jury, le 13 mai 2013 au département d’informatique de l’Université de Montréal.

Ce travail doctoral s’inscrit dans le champ de recherche des IHM et plus précisément du UX, qui inclut la dimension hédonique, affective de l’interaction, au delà de la dimension fonctionnelle stricte de l’utilisabilité.
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9 / 05 / 2013Évaluation des interfaces persuasives (Alexandra Nemery à UxPA QC)

Université de Lorraine Université de Lorraine

UxPA Québec (à l’époque Utilisabilité Québec) avait eu l’honneur d’accueillir son directeur de thèse, Éric Brangier, à peu près à cette même époque l’an dernier pour nous présenter les travaux d’Alexandra Nemery, et ce soir, nous avons eu Alexandra en personne! :)

C’est au laboratoire CITÉ de l’Université de Montréal (un beau merci à notre cybermom Aude Dufresne!), et dans une ambiance chaleureuse avec un petit verre de vin à la main (merci à imarklab!), que nous avons eu le plaisir d’écouter la conférence d’Alexandra, qui nous partageait son kit de départ pour orienter la conception et permettre l’évaluation du degré de persuasion d’une interface.

Mais qu’est-ce qu’une interface persuasive, me demandez-vous?

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19 / 02 / 2013Télé-conférence UX & Marketing dans le cadre d’un afterwork FLUPA

En Octobre 2012, j’ai eu le plaisir de donner une télé-conférence sur le UX et le marketing depuis ma cuisine, à Montréal, dans le cadre d’un afterwork FLUPA qui se déroulait au Luxembourg :)

J’avais écrit un billet à l’époque à propos de cette communication qui porte sur la convergence entre UX et marketing, je viens de recevoir la vidéo de cette téléconférence enregistrée par la FLUPA, et j’en profite pour remercier son Président Guillaume Gronier pour cette invitation et la vidéo!

VisoConférence sur le UX et Marketing

22 / 11 / 2012Expérience du consommateur multicanal bancaire

Cette conférence a été présentée dans le cadre de la Journée Mondiale de l’Utilisabilité 2012 portant cette année sur le thème des services financiers, et lors de l’événement organisé par UxPA Qc, l’Association des professionnels de l’expérience utilisateur du Québec, conjointement avec Tout le Monde UX, le 8 novembre 2012 à Montréal, à la coop ECTO.

On peut lire un excellent billet sur l’adoption des comportements bancaires en ligne et mobiles, et complémentaire à cette présentation, écrit par ma collègue et co-conférencière Valérie Gohier, Directrice Conseil chez imarklab.

25 / 10 / 2012À l’ère du Web social, les sites Internet peuvent-ils nous influencer?

Cet article est paru dans la section Chroniques de l’édition d’Octobre 2012 du magazine Direction Informatique. Tel qu’indiqué dans les nouvelles d’imarklab, son propos repose sur ma réflexion doctorale combinée à ma pratique d’ergonomie des interfaces, et vise à illustrer comment l’ergonomie cognitive peut soutenir l’influence interpersonnelle à l’ère du Web social.

19 / 10 / 2012ERGOIHM 2012: Web Site Sociability and Online Contribution: The Mediating Role of Emotions

Prom Tep, S., Sénécal, S., Dufresne, A., Viau, C. (2012). « Web Site Sociability and Online Contribution: The Mediating Role of Emotions », Ergo-IHM 2012, Biarritz, France, 16-19 Octobre 2012.

Poster communication presented at ErgoIHM 2012, October 16-19, Biarritz, France. Read the conference program.

Research Abstract:
Standing at the conceptual intersection between various fields (i.e., Communication, Human-Computer Interaction, Consumer Behavior, Social Psychology, and Usability), this research investigates the influence of social functionalities on consumers’ online attitude toward contributing content to the website. Relying on social psychology theories such as group influence and similarity-attraction, one of our central predictions is that when online consumers are exposed to Web sites containing features supporting the site sociability, their attitude toward contribution will be greater than when not exposed. Furthermore, galvanic skin response was used to assess emotional response during the task, to complement more traditional data collection methods. Our results show that online consumers’ attitude toward contribution is positively influenced by social functionalities, and that emotional reactions mediate this influence.

Download the research paper in PDF version.

1 / 03 / 2012Design de persuasion: influencer une génération qui carbure à l’influence sociale


Matériel présenté lors de la conférence Infopresse du 29 février 2012: Jeunes: Génération Y et Z

27 / 11 / 2011Website Sociability and Flexibility in Relation to Customer Online Satisfaction:A Research Framework

During October 1st and 2nd this year, I attended the DMEF Direct/Interactive Marketing Research Summit in Boston, MA which took place at the Westin Boston Waterfront.

The Summit is the preeminent and must-attend conference for academics, Ph.D. candidates, and practitioners who are interested in pursuing research and teaching in the field of direct/interactive marketing.

Dr Arcand from ESG-UQAM and I, we presented a paper there titled: Website Sociability and Flexibility in Relation to Customer Online Satisfaction:A Research Framework

17 / 01 / 2011Virage social et ergonomie des interfaces

[Couverture du magazine Wired de Février 2011]

Encore le buzz “social”…

Tout comme moi, vous êtes fatigués de voir l’adjectif ‘social’ associé à tous les noms communs possibles…tout est ‘social’, car c’est le nouveau buzz qui fait vibrer la communauté Web à l’unisson.

Et en effet, déclarer ce virage social de l’ergonomie des interfaces serait trop simple et gratuit, et c’est plus de ces déclarations gratuites que de l’adjectif ‘social’ comme tel dont on est fatigué en fait.

Donc je persiste et je signe dans ce billet-ci. Après faciliter l’utilisation des environnements interactifs, favoriser la sociabilité en ligne va devenir un nouvel objectif important en conception et évaluation des systèmes interactifs, et c’est ce que j’entends par ‘virage social de l’ergonomie des interfaces’.

Dans ce billet cependant, je n’aimerais pas seulement avancer que l’ergonomie va amorcer son virage social en 2011, mais surtout partager avec vous les raisons qui motivent cette affirmation. Je peux me tromper mais au moins vous aurez mes arguments pour vous interroger à votre tour :)

Affirmation documentée VS gratuite

Je vais donc vous présenter cinq chercheurs, tous visionnaires et vulgarisateurs et dont les travaux m’ont convaincue que la dynamique sociale des environnements en ligne sera de plus en plus une donne dont on ne pourra plus se contenter de prendre pour un état de fait acquis pour penser le Web ou les environnements interactifs.

Je me sers ici de pointeurs vers des extraits vulgarisés de leurs travaux de recherche comme preuves d’appui pour ma déclaration initiale. En effet, une agrégation de leurs travaux démontre clairement qu’il faut favoriser et faciliter cette dynamique sociale dans les environnements en ligne.

Le constat de tous ces chercheurs est le suivant. Dans la mesure où les humains agissent et se comportent en s’influençant les uns les autres, et que la présence physique et la communication face-à-face naturelle qu’elle entraîne entre les individus manquent en ligne, il est crucial de pallier à ce manque. Il faut remplacer cet échange interpersonnel en présence par des indices favorisant la communication entre les individus connectés à une communauté, afin de les outiller et de les inciter à socialiser en ligne, pour éviter les espaces virtuels où il ne se passe rien.

Combien avez-vous reçu d’invitations à vous inscrire à des environnements où après l’inscription, rien ne bouge, et où vous vous sentez comme dans une grande et belle maison où tout est ‘mort’…Ces environnements sont nombreux, et ce sont réellement des beaux principes en théorie mais des coquilles vides en pratique. L’époque des plateformes reposant sur la pensée magique : « If we build it, they will come », est révolue.

Des références solides

Les chercheurs qui ont inspiré cette réflexion sont tous de célèbres visionnaires de renom international, qui partagent leur temps entre recherches et implications dans l’industrie où ils implémentent des solutions innovantes. Ils proviennent tous de backgrounds différents, avec la psychologie comme discipline commune. Certains sont spécialisés en communication humain-ordinateur (CHI), en économie, en marketing, etc. :

- Jennifer Preece, chercheur en CHI à l’Université du Maryland, MD
- Dan Ariely, chercheur au MIT Media Lab. Professeur en ‘behavioral economics’ qui s’intéresse tout particulièrement à la prise de décision des consommateurs
- Robert Cialdini, Professeur émérite en psychologie et marketing à Arizona State University.
- BJ fogg, chercheur en pscyhologie et directeur du Persuasive Tech Lab à l’Université Stanford.
- Susan Weinschenk, Ph.D. en psychologie et ‘Chief of User Experience Strategy at Human Factors International’.

Pour ceux que cela intéresse, j’aimerais vous présenter ici quelques liens vers leurs récents travaux et tout particulièrement, ceux qui moi m’ont le plus inspirée, en contribuant à ma compréhension d’un virage social à anticiper au niveau de l’évolution de l’ergonomie des interfaces.

1. Jennifer Preece
Dans le cas de Jennifer Preece, je vous recommande fortement la lecture du livre suivant qui était extrêmement précurseur et constitua le déclic fondamental de toute la réflexion qui a alimenté le virage de ma pratique comme consultante en ergonomie des interfaces, ainsi que le sujet de ma thèse de doctorat: Online Communities: Designing Usability, Supporting Sociability (2000).

Dans cet ouvrage, elle décrit comment l’utilisabilité des communautés en ligne, ne peut se réduire à supporter des tâches orientées vers un but de performance cognitive mais faciliter également la dynamique des relations sociales en ligne, afin de soutenir également l’efficacité sociale pour ces environnements.

2. Dan Ariely et 3. Robert Cialdini
Dan Ariely est chercheur au MIT Media Lab. Professeur en ‘behavioral economics’, il s’intéresse à la prise de décision des consommateurs. Lire son blogue et quelques chapitres de son livre ‘Predictably Irrational’ (2008) a jeté les secondes pierres fondatrices de ma réflexion sur l’inévitabilité du virage social de l’ergonomie. En effet, à la manière dont Robert Cialdini le décrivait également dans son livre « Influence : Science and Practice » (2001) , il démontre à quel point les être humains sont moins rationnels qu’ils ne le pensent ou ne le souhaiteraient, et sont des êtres sociaux qui fonctionnent plus sur la base d’automatismes acquis socialement de façon normative, et qui les influencent à leur insu. Il avance que : « People just don’t know their own preferences that well. Our intuition fools us in repeatable, predictable ways. Rather than rationality, decisions are influenced by design, complexity and context. »

Lien vers le video : ]

3. B.J. Fogg
« Captology is where persuasion and computers intersect». C’est donc le terme par lequel ce chercheur a baptisé le nouveau champ de recherche étudiant les ordinateurs (ou tout système interactif par extension) comme outils de persuasion tel qu’illustré dans le schéma ci-dessous tiré de son site.

4. Susan Weinschenk

Human Factors International a depuis longtemps fait la promotion de sa méthode PET (Persuasion, Émotions and Trust) reposant largement sur les principes d’ergonomie persuasive. Cette chercheure praticienne chez HFI n’a pas tant contribué à l’avancement des connaissances par son livre, qu’elle a réussi à synthétiser l’essentiel de ce que les précédents chercheurs ont apporté et qui avaient déjà été en grande partie repris dans la méthode PET.

Dans son livre « Neuro Web Design : What makes them Click » (2008), elle applique les résultats de la recherche dans les domaines de la motivation, de la prise de décision et de la neuroscience à la conception de sites Web. Elle se concentre notamment sur ce qui motive à l’achat et à l’inscription sur un site, et à ce qui favorise la confiance des consommateurs en ligne, comme vous pouvez le constater en vous rendant sur son blogue What makes them Click.

Elle résume très bien son livre dans le slideshare suivant :

Poursuivre et partager la réflexion?

Enfin, pour ceux que le virage social qui s’amorce en ergonomie des interfaces intéresse vraiment, je vous pointe la conférence-atelier ‘Sparkshops’ qui s’annonce forte intéressante sur le sujet et s’intitule : “Designing the Authentic Experience: Lessons from Psychology and Social Media“.

Également, si vous êtes intéressés à pousser le dialogue avec moi, je vous invite carrément à suivre ma réflexion en ligne jusqu’au dépôt final de la thèse prévu à la fin 2011. À compter de ce mois-ci sur mon blogue, les différents chapitres de ma recherche doctorale seront accessibles au fur et à mesure. Ma thèse explore notion de «social usability beyond usability».

Sur ce, je nous souhaite une année 2011 des plus socialement ergonomique! ;-)

26 / 08 / 2010De l’humanité dans le facteur humain

Applied Human Factors and Ergonomics 3rd International Conference Voilà l’été est déjà fini, c’est la rentrée…et le retour au blogue :)

Rassurez-vous, ce n’est pas parce que l’été nous a semblé passer vite qu’on ne l’a pas occupé avec des activités stimulantes pour autant ;-) Du 17 au 20 juillet dernier, j’ai justement eu l’occasion de participer à l’AHFE2010 à Miami (FA).

Il s’agit de la 3è édition de la conférence internationale “Applied Human Factors and Ergonomics“. Cette conférence était d’autant plus intéressante qu’elle était également jumelée avec d’autres mini-conférences spécialisées, dont une en neuroergonomie notamment (“1st International Conference in Neuroergonomics”) qui a suscité beaucoup d’intérêt.

Ainsi, durant la conférence, nous avions le choix entre dix principaux axes thématiques (ou “tracks”) couvrant aussi bien les aspects de sécurité, de prise de décision, de santé, que la modélisation, les méthodes, et les populations particulières comme les aînés. Voici d’ailleurs un extrait de la description officielle de la conférence:

“A total of 721 papers will be presented in 10 interactive sessions. Topics include the most recent research and technology in Medico-ergonomics and Patient Safety, Aviation, Designing New Buildings and Facilities for End Users, Ergonomics Hazards and Prevention, User Interface Design, Online Human Error Management, Methods and Instruments for Ergonomic Design of Production Systems, Universal Access to Novel Interaction Environments, Impact of Human Factors on Technical Systems Failure, and Cognitive and Physical Work Analysis and Design.”

Impressionnant n’est-ce pas?! Cette diversité de sujets et d’applications de l’étude des facteurs humains m’a tout de suite fascinée bien que je dois avouer que prendre presqu’une heure par jour afin de choisir à quelles présentations on va assister, ce n’est pas la partie que j’ai le plus appréciée de la conférence…En revanche, je dois reconnaître que cela m’a donné une perspective unique sur l’étendue du domaine, sur ce que constitue la recherche appliquée sur le “facteur humain” dans des secteurs d’activités extrêmement variés. J’étudie et j’oeuvre en ergonomie des interfaces depuis 15 ans, et je connais donc clairement les deux branches physique et cognitive de l’ergonomie, et à quel point cette discipline est vaste du fait de cette dimension bicéphale.

Cependant, au delà de la multiplication des secteurs d’activités d’application de l’ergonomie que j’ai pu constater, c’est autre chose qui m’a encore plus frappée. En effet, j’ai pu notamment prendre conscience qu’étudier le facteur humain s’est humanisé avec le temps, et c’est justement ce constat d’évolution que je souhaite vous rapporter dans ce billet.

Avant d’aller plus loin, qu’est-ce exactement que le “facteur humain” ici? Une science, une discipline à part entière, un champ de recherche, un thème, une méthode…mais qu’est-ce donc me direz-vous?

Commençons donc par le début, en allant regarder la définition qu’en offre Wikipedia:

“Human factors science or human factors technologies is a multidisciplinary field incorporating contributions from psychology, engineering, industrial design, statistics, operations research and anthropometry. It is a term that covers:

* The science of understanding the properties of human capability (Human Factors Science).
* The application of this understanding to the design, development and deployment of systems and services (Human Factors Engineering).
* The art of ensuring successful application of Human Factors Engineering to a program (sometimes referred to as Human Factors Integration). It can also be called ergonomics.

In general, a human factor is a physical or cognitive property of an individual or social behavior which is specific to humans and influences functioning of technological systems as well as human-environment equilibriums.”

Dans cette dernière phrase, on peut vraiment cerner à quel point le “facteur humain”, malgré sa dimension multidisciplinaire est typiquement réduit à des propriétés physiques ou cognitives. Comme si dans un système humain-machine, on pouvait parler de ses capacités intellectuelles de la même façon qu’on parlerait d’un processeur d’ordinateur, avec sa vitesse de calcul, de traitement de l’information, sa capacité de mémoire comme de la RAM, etc. Ça fait sourire, mais (sou)rire un peu ‘jaune’ quand même quand on y pense, car cela a toujours été le paradoxe de l’humain que de vouloir se distinguer de la ‘machine’ ou du robot par de la vraie intelligence, non-artificielle (vs AI) tout en se vouant corps et âme au progrès technologique, en se fiant à lui par dessus pour sauver l’humanité…

Mais je ne suis pas là pour faire le procès de l’Homme, je suis là pour constater la lente mais sûre évolution de la perspective dans laquelle s’effectue la recherche en “human factors”, comme cela s’est d’ailleurs également amorcé en marketing depuis plus de vingt ans. Dès 1981, Hirschman et Holbrook, reprochent à la recherche sur le comportement du consommateur de se limiter à des modèles d’homo-economicus rationnel parfait qui ne font que “traiter de l’information”, et abordent la nécessité de faire de la recherche sur le consommateur (et un peu plus pour le consommateur) qui s’intéresserait plus à ce que ressent le consommateur, à ses émotions et ses fantasmes, à son irrationalité,…bref à des phénomènes liés à la profonde condition humaine, celle qui ne relève pas seulement de la condition physique ou cognitive, ou d’une considération de l’humain dans sa logique rationnelle cartésienne. Je crois qu’on pourrait faire sans peine des rapprochements entre la recherche sur le ‘human factor’ et celle en consumer behavior, si on considère le consommateur comme un humain en CB…;-)

Je ne suis pas en train de dire qu’il faille crier victoire trop tôt…J’ai remarqué que les recherches en accessibilité ou qui portent sur les personnes âgées, tiennent encore très largement compte de facteurs limitants (contraintes qui ont tendance à être accompagnées de connotations négatives). Cependant, j’ai noté qu’une recherche présentait également une méthode pour tenir compte des attentes et besoins particuliers des aînés dans le cadre de tests d’utilisabilité, exigences qui me semblent pouvoir être associées à des connotations plus positives que les contraintes limitatives. Cela m’a particulièrement intéressée alors que je viens de réaliser toute une série de tests auprès de séniors au printemps dernier et que j’avais moi-même fait certains constats similaires relativement à cette clientèle particulière et de plus en plus importante dans notre société.

Pour poursuivre dans le domaine de la conception et de l’évaluation de systèmes en utilisabilité – qui demeure le thème que j’ai le plus suivi malgré tout quand même! -  j’ai pu constater que plusieurs recherches présentées traitaient justement des besoins, des émotions, de la dimension symbolique, des usages, des attentes, entre autres. Cela se reflète dans un titre tel que “Towards More Humane Calendar Applications” (Engemand & Keates, 2010), qui décrit une étude où on ne cherche pas seulement à décomposer la tâche cognitive de prise de RDV et développer la fonctionnalité la plus efficace pour en noter un mais à comprendre comment les gens aiment organiser leur temps lorsqu’il est bien rempli, est-ce qu’ils préfèrent plutôt étaler leurs RDV de meetings à travers la journée ou plutôt les regrouper afin de libérer des blocs continus sans meetings pour pouvoir travailler? Le résultat de la démarche a conduit à développer un prototype d’interface où l’interaction ne repose pas tant sur la métaphore des calendriers d’agenda à la outlook où on inscrit une rencontre dans le bloc d’heure correspondant dans une journée, mais plus sur un mode dialogue avec un assistant personnel qui poserait la question: “À quelle heure souhaitez-vous un RDV?” et qui, en fonction de la réponse, pourrait suggérer: “Ce RDV est immédiatement suivi d’un autre RDV, souhaitez-vous réserver du temps entre les deux RDV?” afin de soutenir l’usager dans l’organisation de son temps.

Une autre recherche portait sur la modélisation du processus d’ingénierie tenant compte de la dimension affective dans le design d’un produit: “Citarasa Engineering for Modeling Affective Product design” (Khalid, 2010). Une dernière étude focusait sur la dimension esthétique des pages Web avec un titre très parlant: “Beauty and the Beast: Predicting Web Page Visual appeal” (Dudek, Lindgaard & Pineau, 2010). Il ne s’agit ici que de quelques exemples. Il ne serait pas juste de tirer de conclusions sur la base de quelques titres mais il est clair que ces titres contrastent drastiquement avec des études cognitives plus classiques et auxquelles on est bien plus habitué telle que celle-ci: “Interactive Consumer Design and Evaluation (I-CODE): A Method to Investigate Cognitive Structures of User’s on Automative functionalities” (Bengler, Coughlin, Reimer & Niedermaier , 2010) et même “Beyond Usability: Ordering e-Service QualityFactors” (Prom Tep & Dufresne, 2010) qui est l’article* que j’ai présenté à AHFE 2010 (Chapitre 69 du livre “Advances in Ergonomics Modeling and Usability Evaluation“, Halimahtun Khalid; Alan Hedge; Tareq Z. Ahram eds., CRC Press Taylor & Francis Group, juin 2010, 658 p.)

Le but de ce billet est modeste et vise à vous partager une impression de tendance ressentie en participant à AHFE 2010. Je ne crois pas non-plus qu’il faille crier victoire trop tôt, la science, elle, a le devoir de documenter ce qu’elle avance et c’est d’ailleurs sa force. Si les questionnaires, les focus group, ou les tests d’utilisabilité sont bien rodés pour mesurer les attitudes, les opinions, observer les comportements et les processus cognitifs, les méthodes permettant de mesurer les émotions, cerner les attentes affectives, les usages ou les dimensions symboliques sont encore émergentes cependant…À cet égard, l’avenir semble d’ailleurs pointer du côté de la neuroergonomie, des mesures physiologiques et des approches ethnographiques.

Ma conclusion est néanmoins optimiste tel que le titre de ce billet en témoigne. Je crois qu’un peu plus d’humanité gagne finalement peu à peu les différentes disciplines qui se penchent sur le facteur humain. Il est peut-être temps non?

*Je tiens à remercier la Chaire de commerce électronique RBC Groupe Financier de HEC Montréal de m’avoir autorisé l’accès aux données qui ont permis la réalisation de cet article, et à remercier le professeur Aude Dufresne de l’UdeM (Directrice du LRCM) de m’avoir permis de participer à la conférence AHFE 2010.

NB: Pour ceux qui sont intéressés, il me fera plaisir de partager une copie pdf des articles cités dans ce billet sur demande.