La journée Infopresse sur les Réseaux sociaux commanditée par Revolver 3 (ce clin d’oeil publicitaire s’adresse à nouveau papa Stéphane Dumont dans mon cours de marketing électronique à HEC
, s’est avérée rafraîchissante aujourd’hui. On se serait cru il y a dix ans alors que tout le monde était fébrile à se demander comment se positionner par rapport au « phénomène » Internet…à chaque étape d’évolution son phénomène…;-)
La journée avait regroupé un beau bouquet de spécialistes des réseaux sociaux, provenant autant de la “scène” locale (par exemple, Mitch Joël de Twist Image, Sébastien Provencher de Praized Media et Guillaume Boucher de NVI pour ne citer qu’eux) que de la scène moins locale (Ignacio Oreamuno de Ihaveanidea et Rick Murray Président de me2revolution/Edelman). Néanmoins, ces experts sont demeurés prudents dans leurs déclarations et n’ont pas cessé de mettre l’emphase sur des termes relevant plus de l’exploration que des meilleures pratiques, tels que “corde raide”, “expérimentation”, “trial and error”, “risk”, “faith-based initiatives”, “Wild west”, “New frontier”, etc. Bref, “c’est une année d’apprentissage avec les réseaux sociaux” pour reprendre les mots de Martin Aubut de Canoë, et j’ajouterais que ce n’est certainement pas la dernière!
Je ne reprendrai pas ici les éléments de base souvent couverts à propos des réseaux sociaux tels que les types de réseaux existants (ex. : réseaux de masse ou hybrides), de contacts (ex. amis ou “followers”), d’acteurs (ex. : contributeurs ou spectateurs), de fonctionnalités (ex. : pour ajouter du contenu ou de la valeur par sélection),…qui ont été très clairement explicités par Jean-François Renaud d’Adviso dans sa présentation d’ouverture, et qui a très bien lancé la journée de ce fait.
Dans les lignes qui suivent, j’aimerais plutôt partager avec vous les tendances ou buzzwords de la journée qui ont attiré mon attention, soit pour leur importance ou leur nouveauté à mes yeux.
Exit les campagnes de marketing, nous sommes à l’ère des conversations
Le marketing repose traditionnellement sur des campagnes publicitaires et promotionnelles s’étalant sur des périodes bien définies dans le temps, avec un début et une fin, et relativement brèves. Cependant, le marketing classique est “malvenu” et ne “marche pas” dans les réseaux sociaux, car leurs communautés de membres les considèrent avant tout comme étant leurs espaces “à eux”.
Désormais, pour rejoindre ces consommateurs, il faut créer et joindre leurs conversations. Comme l’indique le terme conversation, cela se doit d’être un échange réciproque, “a two-way process”. Il faut offrir quelque chose de valeur (du genre informatif, utile, intéressant et surtout “entertainant”) aux internautes et avoir foi qu’il y aura retour d’une façon ou d’une autre, à commencer par une activité volontaire de partage, de recommandation, de mise en valeur, etc., en gage de reconnaissance de la valeur de ce qui leur a été donné gratuitement. L’effet viral tant espéré des marketers est le résultat de la démultiplication intense et spontanée de cette activité.
Pour réussir ces conversations, on nous explique qu’il faut savoir écouter, partager les intérêts et la culture, s’engager sincèrement, et appartenir aux groupes ciblés. Pour illustrer ce changement, la métaphore visuelle retenue par Mitch Joël, a été de présenter une diapo d’une immense vague océanique, suivie de l’arrivée d’une goutte dans l’eau formant des anneaux d’ondes autour de son centre.
Il est clair que ces principes sont plus faciles à dire et imager qu’à faire, pour reprendre une expression courante. Bien que plusieurs exemples de succès marketing des réseaux sociaux aient été présentés durant cette journée de conférence, on ne se cachera pas que les instances sont encore peu nombreuses (cadeau gratuit du “Axe devil duck” sur Facebook, Wal-mart “Roommate Style Match” – groupe sur Facebook, la plateforme de communautées de Nike + i-Pod, Bounty fishing,…souvent répétées par les différentes conférenciers), et tournent encore principalement autour des quatre grands joueurs que sont MySpace, Facebook, Twitter et Bebo. Pourtant, il a été souligné qu’il existe plus de soixante réseaux sociaux (selon la définition qu’on en a), et que comme marketer, il faut bien choisir “the right one”, soit le réseau approprié au besoin particulier de la marque, du produit ou du client.
L’engouement pour les réseaux sociaux: Un hype, certes, mais plus réaliste que cela n’a déjà été le cas avec les “phénomènes” précédents qui ont jalonné la vie et l’histoire d’Internet
Je soulignerais enfin qu’alors que l’on est encore au début du hype suscité par les réseaux sociaux, j’ai été frappée par un fort degré de réalisme général qui se dégageait des conférenciers. Ainsi de nombreuses mises en garde ont été évoquées. La nouvelle donne qu’imposent les réseaux sociaux n’est pas qu’un changement d’outil ou de technologie, cela exige un changement radical de mindset qui consiste à commencer par penser le processus de communication comme le ferait l’éditeur d’un quotidien. Aucun contenu ne se doit nécessairement d’être très approfondi ni long à créer, rien n’a à être parfait ni besoin d’être fini – même que plus cela a l’air “amateur”, plus cela a l’air authentique…mais il faut avoir quelque chose, une histoire à raconter à chaque jour : “from campaign-based to day-to-day strategy”.
Donc le contenu demeure roi, c’est toujours la devise de la “nouvelle économie”, et la clé de voute du succès lorsqu’il est à temps, à propos, et significatif pour soi. Cependant, l’expertise éditoriale pour faire générer ce type de contenu afin de rejoindre des audiences de plus en plus ciblées (i.e.; niches), ne se développe pas en criant ciseaux, il faut appartenir à sa culture d’origine, il faut avoir une passion sincère et authentique pour quelque chose, et ce genre de connaissance de l’intérieur prend du temps à développer, et à maîtriser.
Il faut donc prévoir des ressources humaines (et notamment inclure des nouveaux métiers comme des spécialistes de réseaux appelés seeders qui sèment les graines dans les réseaux…) et des budgets…! Les rares tentatives d’évoquer des “chiffres” ont révélé des fourchettes de l’ordre du 15-30K pour toute initiative marketing dans les réseaux sociaux. Ignacio Oreamuno de Ihaveanidea a même lancé à l’audience pour la provoquer : « GO BIG or go home ». Enfin, Rick Murray de Edelman a même mentionné le développement de nouvelles métriques de performance pour Facebook tel que le ROI pour Return on Involvement (ce qui, selon moi, est le genre de mesures qui séduisent a priori, mais se traduisent difficilement en données comptables…).
Bref, dans la recherche du buzzmeter pour les entreprises, tout est encore à définir mais les grandes lignes que l’on peut retenir pour elles sont qu’il faut essayer, commencer petit, viser long terme, être authentique dans sa démarche, et multiplier les actions pour être un peu partout à la fois chaque jour…et surveiller l’impact dans la blogosphère avec les gros blogues du domaine visés, Technorati, les Digg et YouTube…rien de plus facile, right?
Je remercie Sylvain Sénécal et la Chaire de commerce électronique RBC Groupe Financier de m’avoir permis d’assister à cette journée Infopresse.
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Mise à jour du billet
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Excellente synthèse de la journée par Muriel Ide sur le Blogue Marketing Interactif de l’Association Marketing de Montréal, avec en prime, des notes détaillées sur la conférence d’ouvertue de Jean-François Renaud d’Adviso Conseil. Ce dernier a d’ailleurs mis en commentaire le lien vers quelques photos de la journée.
Ce qui a été présenté par Geoffroi Garon durant le panel, est en ligne sur son blogue Biotope.
Claude Malaison y est allé de deux billets sur une journée tout ce qu’il y a de plus sociale, avec un bel accent sur les exemples cités par les différents conférenciers, captures d’écran à l’appui.